Dans la suite de l’idée reçu n°5. Parce que lorsque j’essaye d’éviter une rencontre canine à l’arrache et que je m’éloigne/décale du chemin avec mes chiens, j’entends régulièrement la personne d’en face dire « ah, ils sont méchants vos chiens ? ». Et ça me fatigue. Donc revenons un peu sur l’aspect « gentil » vs. « méchant ».
Ça veut dire quoi un chien « gentil » ou un chien « méchant » ? Dans notre imaginaire collectif d’humain, le chien « gentil » dit joyeusement bonjour à tous ses congénères, se laisse papouiller par n’importe quel inconnu et ne dit rien quand des enfants tirent sa queue ou ses oreilles. Alors autant vous dire que des chiens qui cochent toutes ces cases, bah j’en connais peu. Voire pas.
Du coup, on bascule forcément vers du chien « méchant » ? Quand Médor aboie sur un congénère qui s’approche impoliment, esquive une tentative de caresse ou grogne envers un enfant turbulent, est-ce qu’il est méchant ?
Non. Il communique. Le seul problème, c’est que nous les humains, nous ne comprenons pas toujours ce que Médor nous raconte. Nous ne comprenons pas lorsqu’il est mal à l’aise face à une interaction et qu’il nous le signifie subtilement. Du coup, Médor monte en intensité pour mieux se faire comprendre. Et là tout de suite, Médor devient méchant aux yeux du quidam. Imaginons que Médor en vienne à mordre : alors là, ça, c’est très « méchant ». Et bien, non, pour le chien c’est de la communication. L’agression fait partie du répertoire de communication du chien. Ce n’est ni bien, ni mal. Juste : le chien s’exprime (et, encore une fois, il l’a peut-être fait « plus gentiment » auparavant, sans succès).
À mon sens, cataloguer les comportements canins en « gentils »/« méchants », c’est émettre un jugement moral d’humain très éloigné de la réalité de nos chiens.
Et ça n’apporte rien de constructif. Mettez-vous à la place des personnes qui galèrent avec leur chien réactif (très « méchant »). C’est déjà assez dur comme ça à gérer, pas besoin du commentaire qu’on entend au loin d’un parent à son enfant « oulah regarde, il est méchant ce chien ».
Et puis, j’ai vu beaucoup de « chiens gentils » qui arrivent n’importe comment en mettant la pression sur l’humain/le chien promené ou qui ne respectent absolument pas la communication du congénère qui ne souhaite pas de rencontre directe. Et après c’est le chien qui réagit/déclenche le « méchant ». Un peu injuste, non ?
Bref, cessons avec l’image d’Épinal du gentil toutou et arrêtons de ranger les chiens dans ces deux catégories qui n’ont pas de sens. Ils sont bien plus subtils que ça. Et c’est ça qui est passionnant !